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Cet admirable essai de Jean-Christophe Bailly se présente comme une tentative d'interprétation des portraits du Fayoum au regard de la confluence dont ils sont l'unique témoignage : si ceux-ci émanent bien d'un type de figuration réaliste et mimétique, s'ils appartiennent comme tels à la formation d'un statut de l'image en Occident, l'incorporation de ces portraits dans des sarcophages les situe également dans la filiation des rites funéraires égyptiens. Cette confluence interroge la relation fondatrice du portrait à la mort et permet à Jean-Christophe Bailly de sonder les liens féconds attachant le figurable et le périssable. Ainsi, c'est à la fois la spécificité de ces portraits et leur situation dans l'ensemble de l'art et de la pensée antique qui sont explorées dans cet ouvrage, en relation étroite avec le monde composite de l'Égypte romaine. Si l'érudition dont Jean-Christophe Bailly fait preuve est impressionnante, cet ouvrage est beaucoup plus qu'une simple approche scientifique. Est-il possible de ne pas prendre en considération que ces portraits étaient incorporés dans des sarcophages ? Qu'ils entretiennent un rapport étroit et presque intime avec la mort ? Qu'ils furent peints, du vivant de leur modèle, pour les accompagner dans l'au-delà ?